25/06/2007

   SerpentFractale  La complexe cité de Jules Supervielle


« Plus de trente ans je me cherchai
Toujours de moi-même empêché,
Hier enfin je me vis paraître
Debout dans la brousse de l’être ;
J’étais nu, le coeur apparent
Avec sa courbe et son tourment.
Je donnai à l’autre moi-même
(Aussitôt nous nous reconnûmes)
Une poignée de main sereine
Ayant un petit goût posthume.
Il n’y eut pas même une larme,
Ce fut grave torride calme,
Et je me tendis une palme
Que je gardais depuis trente ans
Pour ce purissime moment. »

Jules Supervielle, (1884-1960)

FlecheMaure





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