23/08/2008

   SerpentFractale  Au sujet de M’Onfray’re


De Caspar David FriedrichLe débat fut d’abord amorcé sur la République des livres. Son initiatrice l’a ensuite rapatrié sur son blog, lui consacrant plusieurs notes. Venant de laisser un long commentaire sur la plus récente en date, je le republie ici afin de le conserver, mais non sans y avoir intégré les quelques corrections apportées là-bas après-coup. Et l’ouvre à la discussion.

Peut-être vaut-il également de dire que, m’autorisant à référer à Michel Onfray ici ou là en le qualifiant du surnom de M’Onfray’re, cela n’a certes jamais reçu son imprimatur, n’ayant jamais eu d’autre rapport avec lui que virtuel - par la voie des ondes ou par sa lecture (quoique celle-ci soit trop réduite encore pour mériter d’être même évoquée). C’est donc surtout dire que je me sens en fraternité avec lui en diverses manières, sans pour autant m’être trouvée d’accord en tout avec ses idées (ainsi qu’avec un membre de la famille, souvent), ayant en commun avec lui des origines modestes, mais sa manière d’être trouve aussi en moi maints échos correspondants. L’amour de la liberté étant premier, pour tout dire.

Ah et en plus, ces derniers temps (étant sous l’influence de ses conférences) je me plais, à la suite d’un commentaire dont je me dis qu’il pourrait possiblement agréer à Michel Onfray ou être en résonance avec l’une ou l’autre de ses conceptions, à écrire ici ou là que ledit commentaire pourrait être repris éventuellement par lui lors d’une de ses futures conférences. Je spiegelise à souhait, en l’occurrence, ce qui trahit - sciemment - des aspirations, mais aussi une affection non pas tant pour l’homme (M. O.), cet inconnu que pour une certaine volonté l’animant…

Voici donc le commentaire, légèrement révisé, laissé chez Marie :

Une affaire de couchette et d’oreiller (tant qu’à être dans l’hédonisme, pourquoi se priver ?)

1/ Ça n’est plus le seul (extrait du commentaire d’un commentateur critiquant Onfray dont Mariee disait qu’il “ne s’adresse pas à des étudiants en philo, voyons. Ni à des philosophes. Il ouvre des portes fermées à un certain public.”)

Et alors quoi ? Onfray a-t-il jamais eu prétention d’un monopole ? Cet argument (qui vise à quoi, au fait ?) rappelle peut-être surtout qu’il aurait été le premier.

Sinon, Marie, c’est quoi ce besoin de mettre Onfray à bas du piédestal sur lequel VOUS l’aviez placé (vous et quelques autres, semble-t-il) ?

Aussi, faudrait sortir du manichéisme français (le nôtre, au Québec, se décline différemment du vôtre) d’opposer absolument un penseur à un autre. Nietzsche - je crois que c’est dans Aurore, et j’ai tenté d’y retracer l’aphorisme, et sur internet, mais sans succès - parle de la relativité d’une théorie ou d’une pensée, vraies d’abord par devers le philosophe qui les a pensées, laissant entendre qu’au-delà dudit philosophe… C’est un peu ce que j’entends aussi dans la très belle expression d’Unamuno citée par Passou : “ce monde relève à tel point du songe qu’il ne mérite même point d’être rêvé sous une forme systématique”, et je suis persuadée qu’Onfray “sait” ça. Maintenant, se disant nietzschéen, il ne peut ignorer l’aphorisme 447 d’Aurore : « Il appartient à l’humanité d’un maître de mettre ses élèves en garde contre lui-même ». Vous voudriez peut-être qu’il le [ré]cite en début de chaque conférence ou partout où on lui donne la parole ?

Dire en râlant qu’il a dit une fausseté à propos de, a fait une approximation ici ou là, etc., c’est dire quoi ? c’est dire que c’est SOI qui cherche un maître et qui le veut DIEU. Or, Onfray offre ses enseignements, et ainsi que je vous en ai fait part déjà [en relevant le phénomène de relativisation que sa familiarité induit], offre à découvrir de multiples penseurs ; il offre SA lecture, une lecture qu’il fait selon ce qu’il est et vit, mais aussi selon le monde dans lequel il vit, et alors là il se peut qu’il soit déterminé par ça, mais AUSSI qu’il fasse des choix en fonction de cela et les utilise comme des vecteurs. Chacun ses combats. CHACUN ses combats. Et, à prendre connaissance de cette variété de “modèles” ou de “pensées”, vous n’avez pas relevé qu’il se trouve des oppositions ou des incompatibilités, en tout cas des différences qui montrent que ce qui a été soit juste, soit vrai, soit tout simplement ce qui a importé le plus pour l’un ou pour l’autre, était relatif ? Et alors vous en venez quand même à croire qu’Onfray lui-même se place comme détenant LA vérité ?

Il offre SA lecture, mais que voulez-vous qu’il offre d’autre ? Sur la RdL, on l’expérimente jusqu’à plus soif : chacun sa lecture. Et que sont-elles, nos lectures ? Le reflet de nos limites tout autant que de nos qualités. Et nous d’enrichir nos lectures ou de les rectifier en prenant connaissance de celles des autres.

Il manquerait de rigueur, Onfray ? Qui n’en manque jamais ? Je ne gobe pas tout de ce qu’il dit - et puis d’ailleurs, il ne cherche pas à me faire tout gober, mais [tout gober] un bébé qui tète, lui, si -, mais je ne gobe pas tout de quiconque, ni même de moi, figurez-vous !

Ça ne veut pas dire qu’on balaie sous le tapis les fois où il est dans l’erreur (ni non plus les nôtres), ça veut dire qu’on doit composer avec les errances et les vides, car la vie est telle AUSSI.

Je vais vous dire : je m’en fous, moi, qu’Onfray soit plus grand ou plus petit que Hegel ou Nietzsche or whoever. La montagne n’est pas pour moi absolument supérieure à la vallée, sauf sur le plan d’une hauteur par rapport au niveau de la mer ; et après ? Marée basse, soleil couchant (immensité), 1869, 60x69 cm. Victoria and Albert Museum, LondresOu encore : si le seul accès qu’il m’a été donné de rencontrer sur mon chemin pour accéder à un lieu …disons “capital” (choix de terme qui ne me satisfait pas, mais les autres qui me viennent à l’esprit ne valant guère mieux…) est un modeste sentier, combien précieux aura été ce sentier dont l’absence m’aurait été …disons “préjudiciable” (idem : choix de terme qui ne me satisfait pas, mais les autres qui me viennent à l’esprit ne valant guère mieux…). Ou encore encore (cette fois avec le poète Mahmoud Darwich) : le chemin, ou la maison (les liens mènent à deux citations de MD) ?

Nietzsche a un beau mot (aphorisme 46, in Aurore) référant lui-même à un beau mot de Montaigne, je vous l’offrirai donc en terminant :

[« Quel mol oreiller que le doute pour une tête bien faite ! » - ce mot de Montaigne a toujours fait enrager Pascal, car personne, justement, n’avait autant besoin que lui d’un mol oreiller. Que lui manquait-il donc ?]

(l’affaire, pour moi, c’est la “tête bien faite” : ça [l’affaire, ou le problème avec cette affaire, pour être plus claire, c’est qu’il] rend parfois l’oreiller dur…)




   Libellé(s) ophidien(s) : Ceinte d'Écritures - par MD ~ @ (lien permanent) - 12:10 am

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20 Bô ââââhh ! »

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  1. En tout cas, comme on aurait pu s’y attendre, Nietzsche était un grand admirateur de Stendhal : ils partageaient la tendance à faire tout reposer sur l’individu sans référence à une entité plus vaste, soit de ce monde, soit de l’autre. Leur style avait aussi des points communs. Mais mis à part qu’Onfray a une vision de la France que je trouve académique, je ne sais rien de lui. Je trouve en tout cas pas démocratique d’accuser Bayrou de ne se soucier que du Béarn, et de n’avoir pas le souci de la France. Le reproche renvoie au royaume de Navarre (dont le Béarn était le centre), et cela signifie que l’Etat républicain n’a toujours pas intégré le principe de l’égalité des anciennes provinces de l’Etat monarchique, bien que Hugo l’ai constamment défendu.

    Un bô ââââhh ! poussé par Ramiel — 23/08/2008 @ 3:29 am

  2. Oui, à ce compte-là, on pourrait aussi dire que les électeurs de Rumilly, à cause de ce que j’ai mis sur mon blog (cliquer sur mon nom), n’ont qu’un droit limité à s’exprimer, dans notre doux pays.

    Un bô ââââhh ! poussé par R.M. — 23/08/2008 @ 3:32 am

  3. Nietzsche et la démocratie, oui, en voilà un sujet que je voulais explorer éventuellement, ayant lu qu’il n’adhérait pas du tout à cette vision des choses, et l’association que vous en faites avec Stendhal allant dans le même sens, Rémi. En ce qui me concerne, je ne me pose jamais que vis-à-vis de points auxquels je peux adhérer ou pas, car n’ai ni lu Onfray, Nietzsche ou Stendhal en leur entier, et puis d’ailleurs, vous savez quoi ? Je comprends qu’on puisse en venir à se dire dans le plus grand désaccord avec la pensée ou la vision de quelqu’un, mais tout balancer pour autant ? Je me rends compte que je pars d’un “principe” qui voudrait que chacun rend compte d’un pan du monde, personne ne pouvant saisir le monde en son entier, et c’est dans cette relativité que je cherche à voir ce qu’il y a de juste (au sens de justesse) qui se dit et se fait ou a été fait. Et donc de trier et de retenir ou de rejeter, en sachant que je peux aussi me tromper. Ici, j’ai abordé quelques points où je me sens en proximité avec Michel Onfray, et ai invité à moins de manichéisme Clopine et ses commentateurs, pour le reste je ne suis pas entrée au cloître, soyez rassuré !

    Vous ne trouvez pas qu’il y a quelque chose qui cloche dans cette exigence à être en accord avec tout de qui que ce soit, fut-ce sur le plan politique, philosophique, littéraire, bref sur quelque plan que ce soit ? Même sur le plan amoureux !

    Si, comme vous le dites, Nietzsche fait tout reposer sur le plan individuel, il est certain que je ne saurais être d’accord jamais. Nous vivons en société, et il y a bien des fonctionnements qui s’articulent entre individus qui les dépassent individuellement, et peu importe le système. Du moins, je n’en connais pas autrement.

    Vous aussi relevez des points particuliers, au sujet d’Onfray, et vous avez raison de les relever s’ils sont injustes : je ne saurais en juger, je ne sais pas de quoi ça retourne. Ainsi, personnellement, je n’adhère pas totalement à ce que je sais de sa vision hédoniste, mais je trouve qu’elle a des aspects plus bénéfiques que n’en comptent notre société hyper-consumériste ou un système de répression puritaine.

    Sinon, à quoi réfère une vision de la France académique, pour que je vous suive bien ?

    Un bô ââââhh ! poussé par Marie Danielle — 23/08/2008 @ 4:21 am

  4. C’est-à-dire que votre article sur Rumilly ne me permet pas de voir en quoi ses électeurs sont limités dans leur droit d’expression ? On leur interdirait leur hymne ??

    Un bô ââââhh ! poussé par Marie Danielle — 23/08/2008 @ 4:25 am

  5. Mais non : c’est un souvenir du temps où Louis XIII attaquait la Savoie parce que c’était un pays étranger. Comme la Navarre.

    La France académique, c’est l’idée que l’idée républicaine est plutôt née au coeur de la vieille Gaule. C’est ce que pensait Mitterrand, par exemple. Il pensait que la vieille Gaule avait un fond éminemment social, tandis que les Basques et les Bretons, par exemple, avaient un fond individualiste.

    L’hédonisme, vous savez, même les bêtes le pratiquent volontiers : mon chat préfère la nourriture que je lui donne à celle qu’il doit acquérir par ses efforts. Ce n’est pas une grande découverte. Dans les faits, c’est complètement utopique, car pour que l’élite puisse avoir des maîtresses en plus d’une épouse (ou compagne attitrée), il faut que dans le peuple, il y ait des célibataires contraints, ou des cocus.

    Un bô ââââhh ! poussé par R.M. — 23/08/2008 @ 4:49 am

  6. (Sinon, le pan de la vérité, oui, mais quand un écrivain pense pouvoir l’étendre à l’ensemble, on peut justement montrer les cas qui montrent qu’il a tort : donner des exemples qui montrent qu’on ne peut pas l’étendre à l’ensemble.

    Un bô ââââhh ! poussé par R.M. — 23/08/2008 @ 4:51 am

  7. Ah oui, j’oubliais que votre doux pays avait la mémoire longue. Mais, vous savez, nous, l’avons courte, et ça n’en fait pas un pays absolument doux pour autant. C’est dire que la bonne entente entre quelques parties que ce soit n’est jamais donnée une fois pour toutes à l’un ou l’autre.

    Basques, Gaulois, Bretons : il suffit qu’un seul veuille être considéré comme dominant… utopie que de penser voir un jour une cohabitation des êtres, chez vous ou partout ailleurs sur la planète, qui sachent vivre en amitié à travers leurs différences.

    Pourquoi présumez-vous que l’hédonisme ressemblerait au tableau que vous avez dépeint ?Qui vous dit que les maîtresses d’un homme ne compteraient pas elles-même plusieurs amants, et ainsi de suite pour chacun ? Pourquoi l’élite ? Parce que, elle seule en aurait le temps ? Enfin, une pratique hédoniste n’a pas à être aussi bête que celle de votre chat.

    Pour votre dernier commentaire, il me semble que ma note ne disait pas autrement : l’avez-vous lue ?

    Un bô ââââhh ! poussé par Marie Danielle — 23/08/2008 @ 5:15 am

  8. J’ai pu sauter une ou deux lignes, par inadvertance.

    L’hédonisme généralisé donne des maladies, vous savez. Les êtres humains ne vivent pas d’une vie tout angélique. En plus, les femmes n’ont pas toutes un succès équivalent, ce qui fait que l’hédonisme se fait forcément au profit d’une élite, puisqu’au reste, il ne reste que… le reste. Tout cela ne veut rien dire. Le plaisir physique ne se situe pas dans les possibilités de la spéculation, mais dans le cadre de nécessités et de contraintes qui sont celles du monde physique. Très souvent, du reste, les matérialistes restent mystiques, dans le sens où leur aspiration est telle qu’ils attribuent au monde physique des qualités éminemment spirituelles. Mais comme je l’ai dit, quand on change tout le temps de partenaire, on attrape des maladies, et pas seulement pour les raisons que donnent les médecins habituellement, mais aussi parce que cette diversification épuise l’organisme. La vérité est simplement que le monde physique est dans une impossibilité radicale de pouvoir combler toutes les aspirations humaines, et que ce n’est pas parce qu’on affirmera le contraire que cela changera.

    Un bô ââââhh ! poussé par R.M. — 23/08/2008 @ 10:57 am

  9. Vous me paraissez bien au fait de la situation, Rémi ? Est-ce l’hédonisme qui donne des maladies, ou est-ce la façon dont il est pratiqué ? Et pour vous, ça ne consiste qu’en la pratique sexuelle ? Et puis, pourquoi cela devrait-il correspondre à mener sa vie sexuelle de manière effrénée ?

    Me souviens par ailleurs d’un temps où vous ne parliez pas des femmes qui se trouveraient en reste. Me souviens que vous parliez des mecs moins riches moins beaux remportant moins de succès…

    Vous êtes assez comique.

    De toutes façons, moi je plaide d’abord et surtout pour que les femmes aient le droit à la liberté tout autant que les hommes. Mais, être libre ça ne veut pas dire coucher à gauche et à droite de manière inconsciente ! Et puis les besoins varient selon les moments de la vie, selon les situations, selon notre propre nature, etc., et c’est selon ces éléments-là surtout qu’on a à trouver à se satisfaire. Ça aussi, c’est très relatif. Entékâ, je ne fais pas la promotion du baise-à-tout-va, ç’t'affaire ! Je dis seulement que… ah ben non, c’est Léo qui dit ça, et très bien : la morale, c’est toujours la morale des autres. Tins toé !

    Un bô ââââhh ! poussé par Marie Danielle — 23/08/2008 @ 11:12 am

  10. Mais le problème reste que quelles que soient les dispositions qu’on prend, fussent-elles calmes et mesurées, ce n’est pas l’hédonisme qui peut combler les aspirations profondes des êtres humaines. Car précisément, s’il y en a qui ont des pratiques d’un ordre effréné, c’est parce que leur coeur est pour ainsi dire trop grand pour leurs membres, et qu’ils s’efforcent tout de même d’user de leurs membres proportionnellement à leurs désirs. Si vous avez des pratiques calmes, déjà, pour être assuré sur le plan sanitaire, vous devrez quand même restreindre les pratiques à un petit groupe dont les membres sont fidèles les uns vis à vis des autres. Or, de nouveau, cela pose des contraintes, car il y aura toujours des personnes situées en dehors du petit groupe qui susciteront des désirs, et qui apporteront des éléments déséquilibrants sur le plan sanitaire. La vérité est que si vous voulez mener une vie morale apaisée, vous serez obligée, selon moi, de donner sa part de sesterces à Dieu, pour reprendre une image bien connue.

    Un bô ââââhh ! poussé par R.M. — 24/08/2008 @ 3:49 am

  11. Êtres humains (erratum) : mais s’il est vrai que je parlais instinctivement en tant que mâle, cela ne fondait pas mon idée. Au demeurant, le problème est qu’en France et même globalement dans le monde, les plus riches et les plus puissants matériellement sont les hommes, et non les femmes, même si c’est bien sûr injuste. Et cela signifie que l’hédonisme qui ne s’accompagne pas d’un sens supérieur de la justice qui restreint les plaisirs tend justement à asservir les femmes aux hommes. Je suis persuadé que même Michel Onfray s’attend à ce que ses belles soient disponibles à sa grandeur, tandis que lui-même ne peut pas l’être à toutes celles qui le voudraient, et qu’il ne trouve pas cela anormal.

    Un bô ââââhh ! poussé par R.M. — 24/08/2008 @ 3:54 am

  12. Dites donc, Rémi, vous l’avez laissé vieillir combien de temps, votre vin, dans ses fûts ? Et, question subsidiaire, vous trouvez pas qu’il est un peu tôt pour vous pour commencer à boire ? En ce qui me concerne, le timing est parfait, et les coupes que vous m’avez servies m’ont rendue très joyeuse.

    Uno, pourquoi prenez-vous pour acquis que l’on attende de la pratique hédoniste de combler toutes les aspirations profondes qu’on puisse éprouver ?

    Vous trouvez pô que l’emploi de sanitaire a un petit quelque chose de manufacturier ? Que diriez-vous d’hygiénique, comme dans “hygiène de vie” ?

    Sinon, ça ne me met pas en joie d’apprendre que Dieu lui-même exige sa part de sesterces : et où je vais les trouver ? Il ne doit y avoir que Traube-happé-fiou pour en posséder !

    Quant à Michou, selon ce qui s’est raconté chez Clopine, y paraîtrait qu’il a une Cerbère pour compagne et qu’elle ne laisse personne approcher. Ça vaut la peine d’être riche, hein ??

    Enfin, hédoniste ou pas, l’herbe n’est-elle pas plus verte chez le voisin ? (j’vous dis pas le nombre de voisins qui m’entourent, mais c’est d’un épuisant !)

    Un bô ââââhh ! poussé par Marie Danielle — 24/08/2008 @ 4:51 am

  13. A quoi sert de parler de l’hédonisme, si ce n’est une règle de vie ? Si cette règle n’apporte rien de substantiel, ne répond pas concrètement aux aspirations humaines, pourquoi en parler ?

    Sinon, que la copine d’Onfray soit jalouse prouve sans doute qu’elle a de bonnes raisons de l’être, et ce que je sais de sa vie privée me le confirme. Mais cela prouve aussi que l’hédonisme ici n’a rien d’égalitaire, car Onfray profite certainement de sa situation, pour susciter la jalousie, même : ce qui flatte, et est une sorte de plaisir que tout le monde ne peut pas obtenir. Peut-être même que sa copine l’a moins que lui, justement !

    Un bô ââââhh ! poussé par R.M. — 24/08/2008 @ 2:58 pm

  14. D’accord, trêve de badineries.

    Donc, c’est-à-dire que vous semblez confiner l’hédonisme au seul champ de l’activité sexuelle - et puis, on parle d’Onfray, mais je n’ai pas de réponse définitive à présenter à sa place, et ni vous non plus -, mais la quête du plaisir m’apparaîtrait plutôt être ce qui occupe tous les champs, toutes les sphères de la vie individuelle (entrecroisant celles des autres). Le plaisir n’est pas donné d’avance, de la simple volonté d’adhérer au plaisir mais s’obtenant après avoir produit des efforts vers lui, ainsi peut-on raisonnablement déduire que, pour Onfray, ses lectures, ses recherches, son travail d’enseignement, etc., tout cela doit plus ou moins rapidement lui accorder quelque repos et plaisir sinon ça finira/rait par se savoir ?

    Vous savez, on a aussi dit le contraire, de la copine d’Onfray, et ma foi, j’en ai pas grand’chose à cirer. Enfin, éprouver du plaisir de ce que les autres nous envierait notre plaisir m’est toujours apparu une fausse prétention : si on a besoin du regard des autres pour jouir de l’objet de notre plaisir, c’est qu’il y a autre chose en jeu que le plaisir tiré de cet objet, et ça ne saurait être de beaux sentiments. Ça me rappelle une ex-patronne qui disait enrager de recevoir l’appel d’un ami lui disant qu’il était au haut de la montagne et s’apprêtait à faire une longue descente en skis : de un, elle témoignait être frustrée au présent; de deux, le ski me laisse totalement indifférente; et de trois, personne n’échappe jamais absolument à l’envie, pas plus celui qui se trouvait sur la cîme montagneuse que quiconque d’autre. Alors, Onfray en quête de plaisir(s) éprouve lui aussi des envies qu’il ne peut satisfaire soit sur le champ, soit avant + ou - longtemps, soit jamais, et juger des envies des autres n’est jamais que juger d’un moment de la vie des autres selon ce qu’il nous paraît, mais pas plus Onfray que quiconque ne contrôle tout de sa vie, et le voudrait-on qu’on ne le pourrait pas, so, se flatter de quoi que ce soit m’apparaît hors d’ordre au sens où l’envie des autres ne satisfait pas à un besoin mais témoigne plutôt de la présence d’un manque car c’est être soumis au pouvoir des autres sur soi et non de soi sur soi.

    Autrement, dites-moi, il occupe une place aussi importante que ça, dans le champ médiatique ou politique ou social de la France, Onfray ? Je ne mesure pas ça, à distance et peu branchée sur ce type de choses, mais j’ai lu ce matin une note de bloc évoquant le livre d’un dénommé Bothorel, un pamphlet intitulé “Chers Imposteurs” à paraître très bientôt, et cet auteur tiendrait pour emblématiques : Philippe Sollers, BHL et Michel Onfray. Ces trois-là seraient les figures les plus dominantes en France ? Disons que ça m’a laissée dubitative car, si j’en juge par l’aura mondiale de chacun, seul BHL me paraît être très en vue sur le plan international et les deux autres beaucoup moins, ou me trompe-je ?

    Un bô ââââhh ! poussé par Marie Danielle — 24/08/2008 @ 5:39 pm

  15. Je ne confine pas du tout l’hédonisme à l’activité sexuelle : ce n’était au contraire qu’un exemple. Mais parlant, à mon avis. On pourrait montrer, pareillement, que l’hédonisme ne peut pas réellement s’appliquer avec la nourriture, et que seuls les riches peuvent aller dans les grands restaurants. Et pareillement, il n’est pas donné à tout le monde de parler en public et d’être écouté, pour la bonne raison qu’on ne peut pas à la fois faire partie du public et être l’objet de son attention. Ce n’est pas non plus égalitaire, de ce point de vue. Il y a bien un rapport de domination entre le maître et le disciple, le professeur et l’élève.

    Le plaisir n’est pas forcément moral, vous savez. Les beaux sentiments n’ont rien à voir avec l’hédonisme : il s’agit d’une conscience éthique qui ne va pas forcément dans le sens du plaisir. Entre son plaisir et son devoir, parfois, il faut choisir. Dire que le devoir fait toujours plaisir est absurde. La joie qu’on tire du devoir accompli ne se tire pas des sensations. En général, du reste, elle les surmonte.

    En fait, BHL passe souvent à la télé, et il écrit des articles dans la presse, où il prend position sur les grands sujets internationaux. C’est sans doute pour cela qu’il est le plus connu à l’étranger. Sollers ne s’implique pas dans les débats les plus brûlants, en général, et Onfray ne le fait que pendant les élections ; d’ailleurs, il ne passe guère à la télé. Sinon, il y a aussi Debray, qui est connu, et d’autres, mais votre auteur a fait un choix !

    Un bô ââââhh ! poussé par R.M. — 25/08/2008 @ 4:48 am

  16. Lorsque je savoure des framboises, des fraises ou des bleuets fraîchement cueillis, Rémi, les riches et les grands restaurants peuvent bien aller se faire voir, et je me sens spirituellement hédoniste ! Ce sont les rapports de domination et de privilèges qui dénaturent tout ça.

    Le rapport maître-élève est perverti par le fait qu’on prend pour acquis qu’il est en tout supérieur auxdits élèves et que cela lui donne droit à des privilèges pas toujours justement conséquents de la mesure de son savoir.

    Pourquoi ai-je l’impression que l’hédonisme vous paraisse ne s’adonner à quoi que ce soit qu’en toute facilité ? Les cueillir [ou devoir travailler pour s’offrir], ces framboises, fraises ou bleuets dont j’ai parlés, c’est un exemple d’un effort à fournir pour ensuite en tirer un plaisir, en plus de celui d’apaiser un besoin de manger.

    Selon ce que vous en dites, Bothorel tomberait lui-même dans le travers qu’il dénonce en ayant choisi plus ou moins pertinemment ses trois têtes de turc. Onfray fait de la télé, mais je ne l’ai pas vu en faire en jouant tellement les stars, et il répond à diverses invitations, dont à la radio qui lui demande de commenter quelque actualité pas toujours électorale. Mais son aura me semble s’étendre pour l’heure qu’au sein du monde francophone, sauf erreur de ma part. Je n’ai jamais entendu parler de Philippe Sollers qu’en rapport avec la littérature et, depuis que je fréquente la RdL et quelques blogs littéraires, en rapport avec le milieu de l’édition. Mais il y a longtemps que j’ai cessé d’être “branchée” vis-à-vis du monde des personnalités, et dans le cas qui nous occupe, en sais encore bien peu du monde français et il n’est pas sûr que ça changera beaucoup ou très rapidement à l’avenir. Merci de vos informations.

    Un bô ââââhh ! poussé par Marie Danielle — 25/08/2008 @ 5:44 am

  17. Bothorel est peut-être simplement jaloux. En fait, Onfray a vendu énormément. Il a fait de grands succès de librairie.

    Sinon, si l’hédonisme est le simple ornement d’un mot grec collé au plaisir animal qu’on peut prendre, vous savez, c’est plutôt inepte. L’hédonisme est une philosophie, et non un plaisir. Et parler de plaisir spirituel pour une fraise, aussi bonne soit-elle, je ne vois pas que ce soit justifié. Il s’agit bien d’un plaisir corporel, en fait.

    Un bô ââââhh ! poussé par R.M. — 25/08/2008 @ 7:34 am

  18. Eh bien, vous voilà d’accord avec Michou (z’allez encore me regarder d’un air féroce avec de la fumée qui vous sortirait des naseaux et des oreilles ??): l’hédonisme est une philosophie.

    Et pis ne faites pas de blasphème contre l’esprit, votre propre esprit, en plusse ! Savourer une fraise, fruit de la terre et se sentir en communion avec l’univers ce faisant, ça participe pourtant de l’esprit, un esprit qui est souvent (j’aurai pu écrire “parfois”., hein, rien que pour vous turlupiner !) le vôtre, coquin de mes deux !

    Bon, là, got to go, really. Ciao.

    Un bô ââââhh ! poussé par Marie Danielle — 25/08/2008 @ 7:49 am

  19. Franchement, je ne me sens pas en communion avec l’univers parce que j’éprouve du plaisir à manger une fraise. Pour accéder à une telle communion, il faut forcément méditer sur la nature de la fraise, en tant que fruit rouge d’une certaine forme et d’un certain goût. On peut même ne pas la manger, et simplement la regarder. Et à la rigueur, ne faire qu’y penser, en s’appuyant sur le souvenir. Il ne faut pas confondre.

    Heureusement, encore, qu’Onfray est d’accord avec moi sur ce point, car c’est une question de vocabulaire ! Je veux dire : il est censé connaître le sens qu’il faut donner aux mots de notre langue ! Mais je dis, précisément, qu’en tant que philosophie - ce que justement il est -, l’hédonisme a une valeur assez limitée. Rien que l’exemple de la fraise méditée ci-dessus à mes yeux l’illustre.

    Un bô ââââhh ! poussé par R.M. — 26/08/2008 @ 2:41 am

  20. Mieux confondre pour mieux goûter, voilà une devise qui vous siérait bien à tous deux, Michou et vous, sweety pie ! M’enfin, Rémi, z’êtes toujours là à m’asséner coquinement des a priori, mais si vous cherchez à communier avec moi, va vous falloir faire plus ! Je n’ai pas écrit “mieux”, notez bien, j’ai écrit “plus”, et là, n’est-ce pas, comprenez qu’il vous faudrait payer de votre personne afin que… Or, désormais persuadée qu’il n’en sera rien, qui sait si, un jour, je ne dénuderai pas volontiers le cœur d’une grâce pour offrir à goûter une sainte fraise à tous.

    Avouez que, là, là, tout de suite, vous voyant mis à nu vous-même, vous nous sentez déjà être en communion… non ?

    (Je viens de dévorer un petit bol de bleuets sauvages, mmmmm ! La nature, nature, c’est si bon !)

    Un bô ââââhh ! poussé par Marie Danielle — 26/08/2008 @ 6:35 am

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   SultaneRouge   Qui, du Serpent ou de vous, charme l˚autre ?

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