21/08/2008

   SerpentFractale  Dévoi[l]ements de l’art ?


Ne serait-ce que pour y entendre Alain Robbe-Grillet raconter, dans l’un de ses entretiens avec Bernard Comment, qu’un des facteurs exigibles, pour la réalisation de deux films, par le producteur Samy Halfon, fut le lieu pré-déterminé du tournage, la série valait d’être écoutée.

Si le titre de ma note se joue, en oscillant, du plan de la morale, c’est surtout le second, celui du mystère de l’alchimie créatrice, qui m’a occupée, depuis les propos d’ARG. Halfon, apprend-on, imposa Istambul pour le tournage de ce qui devint L’année dernière à Marienbad, tout simplement parce qu’il avait de l’argent turc à dépenser. Ainsi, Hiroshima, mon amour, car argent japonais. Marguerite Duras n’éprouva donc au préalable aucun intérêt à traiter de la bombe atomique, c’est l’argent qui définît en amont lieu et motif de départ.

Corrobore-t-on, de la sorte un aspect que l’on pourrait puiser dans - sinon ajouter à - l’affirmation d’un Pierre Assouline en matière de littérature et, en photographie, de son maître Henri Cartier-Bresson, voulant que l’art serait une suite d’instants décisifs ? Peut-être un peu, au sens où un artiste ou un écrivain animés d’un feu qui trouve à consumer cette relation de commerce [obligé par le besoin] d’argent comme un matériau contingent qu’ils soumettraient à leur démarche, atteindraient à sa sublimation, allant même en certains cas à l’employer jusqu’à le métamorphoser en fascinant ou séduisant motif ? Le commerce de l’argent ne corromprait donc pas tout absolument en rendant impossible l’avènement d’une véritable œuvre d’art…? Pourvu que le hasArt fasse bien les choses. Ou alors c’est en Candide que l’on se travestit.

Ajout/avis : l’occasion d’une note se répétera-t-elle, et en plus ou moins grande fréquence, je ne sais, mais en allant fureter du côté de mes liens en colonne de gauche, je reviens pour vous inviter à aller lire ceux que je retrouve, en particulier Tahar Ben Jelloun avec ses - toujours remuantes pour le cœur - chroniques, ainsi que, sur L’Alamblog, les multiples (à raison !) extraits d’une nouveauté qui pourrait être, pour moi, LE livre de la rentrée, celui de Michel GUET, L’Infini saturé. Espaces publics, pouvoirs, artistes. (Préface de Frédéric Jars. - Lyon, Atelier de création libertaire, 166 p., 13 euros), dont je retiens le passage suivant :

« 21.14
Premier principe de l’Infini saturé : faire croire. Il s’agira d’imposer le terrain et la règle du jeu tout en persuadant l’autre, enfin, de jouer une partie où il croit avoir toutes ses chances. Le terrain sur lequel se joue la partie est celui des espaces publics virtuels asservis (c’est-à-dire des médias et de l’ensemble de la communication). La règle du jeu sera la puissance financière. Qui peut jouer ? »




   Libellé(s) ophidien(s) : Le Serpent est Nu - par MD ~ @ (lien permanent) - 2:30 am

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32 Bô ââââhh ! »

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  1. Les conditions matérielles ici n’ont aucune influence sur l’art en tant que tel, en fait : il ne s’agit que de sujets. Une ville peut faire l’objet d’une oeuvre d’art, même sur commande. L’artiste peut s’atteler à un sujet, et en tirer une oeuvre d’art : pourquoi pas ? Cela me rappelle Pierre Favre, le premier prêtre des Jésuites, que François de Sales loue d’avoir dit que dès qu’il arrivait dans une ville nouvelle, il se mettait intérieurement sous la protection du bon ange de celle-ci (ou de son saint patron). Un vrai artiste peut créer même à partir d’un sujet qui lui est imposé. S’il n’y parvient pas, c’est que justement il est intérieurement prisonnier des conditions matérielles. Or, c’est ce qui compte : la liberté intérieure.

    Un bô ââââhh ! poussé par R.M. — 25/08/2008 @ 4:53 am

  2. Ah mais pourtant il s’est trouvé de grands peintres qui n’aurait pu commettre leurs œuvres sans avoir été entretenus ou soutenus (je préfère) par une majesté royale ou un mécène. Lorsque Nicolas de Staël - mon beau Kolia -, de son côté, fut un peu plus fortuné, il put se procurer des pigments de couleur qu’il n’avait pu s’offrir auparavant parce que trop coûteux : ça a produit des effets différents dans ses œuvres. Dans les cas relatés par Robbe-Grillet, la réalisation d’un film passait par l’imposition d’un pays précis du fait de la possession de l’argent à dépenser en monnaie dudit pays.

    Et tout n’est pas affaire de liberté intérieure : il se trouve que nous sommes tous plus ou moins ignorants vis-à-vis d’une chose ou d’une autre, et qu’on a bien droit de vouloir de savoir de quoi il retourne un peu avant de se commettre par devers elle ou avec elle. Non ?

    Ce que j’en dis ne s’oppose pas absolument à ce que vous dites, par ailleurs. Même que je trouve tout ça très juste aussi.

    Un bô ââââhh ! poussé par Marie Danielle — 25/08/2008 @ 5:21 am

  3. Mais si on est ignorant, on peut se renseigner. Ensuite, ce n’est quand même pas le pigment qui fait l’artiste.

    Un bô ââââhh ! poussé par R.M. — 25/08/2008 @ 7:29 am

  4. Il se trouve que je ne cherche pas à avoir le dernier mot et serais tout à fait prête à vous le laisser, mais encore faudrait-il qu’il soit juste !

    Fafouin de mon cœur, vous savez bien qu’on ne supplée pas à son ignorance sur simple souhait. Quant au pigment, je vous trouve le teint un peu pâle, sur ce coup-là…

    Gouzi, gouzi, gouzi, les chatouilles… :-)

    Un bô ââââhh ! poussé par Marie Danielle — 25/08/2008 @ 7:43 am

  5. Mais même un pigment pâle peut donner lieu à une oeuvre d’art importante, entre les mains d’un véritable artiste !

    Et pour l’ignorance, je crois que si, c’est surtout une question de volonté.

    Un bô ââââhh ! poussé par R.M. — 26/08/2008 @ 2:44 am

  6. Ah non, moi qui viens tout juste de partager mes beaux et bons bleuets sauvages avec vous (billet précédent), j’allais vous offrir de vous sustenter des yeux et du ventre avec du bon pain de ménage tout frais et le côté sunny side up de deux gros cocos, ah non, vous ne me les casserez pas !

    Nous aurions pu pigmenter notre déjeuner sur l’herbe du jaune dans lequel saucer notre pain et nous délecter de ces moelleuses bouchées en contemplant gaîment les serpents mirobolants autour de nous… Tant pis, votre volonté n’y était pas !

    (Les pigments plus chers et plus rares ont permis à Kolia de donner à voir autre chose autrement ; est-ce que ça équivaut à dire que ces tableaux-là étaient de plus grandes œuvres ? Il plaira peut-être à un collectionneur de le prétendre, je dirai simplement qu’ils ont permis, a minima, à Staël de peindre d’une palette plus large. Et/ou de ne pas être limité dans l’exposition de ses visions. Cela dit, nous savons vous et moi que l’art se nourrit aussi de contraintes.)

    Un bô ââââhh ! poussé par Marie Danielle — 26/08/2008 @ 7:15 am

  7. Bof. Les contraintes qui pèsent sur l’art pèsent sur tout ce qui existe. Mais l’art ne se nourrit pas réellement de ces contraintes. Ce n’est pas de là qu’il tient sa nature d’art.

    La contrainte d’un être humain, c’est par exemple sa soumission à la pesanteur. Eh bien, ce n’est pas forcément la nourriture la plus lourde qui lui permettra de se mouvoir malgré cette pesanteur ! On ne se nourrit pas de pesanteur, non.

    Pour les pigments, vous savez, si vous avez les plus rares et les plus beaux, on risque de ne plus regarder qu’eux, au lieu de déceler et d’appécier l’inspiration artistique.

    Un bô ââââhh ! poussé par R.M. — 26/08/2008 @ 8:28 am

  8. AppRécier (erratum).

    (Et si je puis ajouter un erratum discursif, Marie-Danielle, sur mon ancien blog, vous m’avez déjà dit que les contraintes qui avaient pesé sur moi avaient dû renforcer mon inspiration ou mon enthousiasme artistique, et je vous ai déjà dit que je n’en croyais rien ; il n’est donc pas possible que nous sachions “vous et moi” que les contraintes nourrissent l’art : car moi, je ne le sais pas, puisque je pense le contraire.)

    Un bô ââââhh ! poussé par R.M. — 26/08/2008 @ 8:32 am

  9. Ha ha, allez, Rémi, passez lire ma plus récente note de ce jour ; vous comptez, à coup sûr, parmi ceux qui me l’ont inspirée.

    Vous êtes, parfois, un peu mon Merleau-Ponty à moâ.

    Alors, disant que la contrainte nourrit l’art, j’entendais à dire que c’est à travers elles que, souvent, s’élaborent une forme : seriez-vous là en désaccord ? Ça n’équivaut pas à dire qu’elles sont ce par quoi une œuvre est fécondée. Un foetus sera nourri par ce que la mère ingère, c’est là contrainte, et nécessité plus ou moins adéquatement comblée.

    Et puis c’est vous qui dites que les pigments les plus rares sont les plus beaux : pas moi !

    La rose du désert n’est jamais aussi belle et désirable que parce que entourée de sable, mais un carré de sable dans une grande ville froide pourra inspirer un désir tout aussi intense à qui cherche le soleil…

    Un bô ââââhh ! poussé par Marie Danielle — 26/08/2008 @ 9:53 am

  10. Boaf. Si la ville est grande et froide, des fleurs seront davantage bienvenues, là aussi, qu’un carré de sable.

    Non, mais même si les pigments rares et chers ne sont pas les plus beaux (ce qui est quand même difficile à croire, car pourquoi seraient-ils chers et donc recherchés, s’ils ne sont pas également beaux ? la rareté ne suffit pas), l’esprit populaire fera quand même qu’on parlera surtout de ces pigments, en se demandant justement pourquoi ils sont si chers, voire si rares, et non de l’oeuvre en elle-même.

    Sinon, le but de l’art n’est pas de créer des formes, mais d’en créer de belles. Si c’était simplement de créer des formes, on serait artiste simplement simplement en battant des bras : cela crée des formes dans l’air. Mais cela ne suffit pas. Que l’oeuvre d’art fasse partie du monde soumis aux lois physiques, oui ; qu’en soi la démarche artistique soit favorisée si les contraintes matérielles se multiplient, non !

    Un bô ââââhh ! poussé par R.M. — 27/08/2008 @ 3:33 am

  11. Il eut été préférable que vous circonflexiez votre “Boaf”, Rémi : ça rend mieux. Voyez : bôâf. Et je vous pris de me rassurer : vous sentîtes vous mieux après, voire pendant, que vous m’écrîtes ce dernier commentaire ? Car, votre ardeur à le faire, bien perceptible et que j’imagine grande, eut mérité d’être récompensée par quelque joie, sinon elle n’aurait été que pour moi : or, rien n’est jamais aussi réjouissant qu’un rire partagé…

    Par ailleurs, si vous croyez que je n’ai que ça à faire, remettre votre pendule à l’heure : détrompez-vous ! Et puis, quel réveil matinal que de m’obliger à m’en soucier à peine les yeux ouverts. Aucun soleil chez vous, aujourd’hui, alors ? It ain’t the case here, dear !

    (J’allonge ma réponse rien que pour vous contrarier à votre tour, car nous savons qu’à l’heure où vous la lirez, le train-train quotidien a pris son erre plus rapide et que, dès lors, il faut que toute chose roule dans l’efficacité : eh bien, non. Non, non, non. Si l’astre solaire n’est pas soumis au temporel, je ne vois guère ce qui m’y obligerait !)

    Laissez-moi également vous dire, cher ami, que votre intelligence et votre savoir se montrèrent bien plus éclatants en d’autres moments. Va donc me falloir vous expliquer les secrets de la vie, à mon âge et au vôtre : quelle déchéance !

    Donc : il en va des pigments comme de toute chose : leurs prix se justifient d’abord par le degré de difficulté à s’en emparer (mais aussi la nécessité qu’on en a) : ainsi, les fleurs de safran qui exigent plus de temps et de délicatesse dans leur cueillette qu’une récolte de patates. D’autant plus que votre balance indiquera un incomparable résultat en poids pour un même temps de travail, cela se voyant doublé par le fait que la culture du premier est plus rare et sa production, moins grande, qu’elles ne le seront pour nos braves pommes de terre de consommation courante. De plus, loffre et la demande, mon ami, cela détermine !

    L’affaire se complique lorsque de finfinauds profiteurs, plutôt rapaces thésaurisateurs, trafiquent artificiellement le calcul de valeur, à l’insu du plein gré des consommateurs.

    Mais, coupons au plus court et dans le vif : le jaune des pissenlits n’est, par essence, ni plus ni moins beau que les rose, violet, rouge ou orange des bougainvilliers, il est surtout fort répandu et ne lui est pas unique, en plus d’être aisé d’accès : cela compte !

    L’”esprit populaire”. L’”esprit populaire”, cela existe ? s’il l’était autant, il serait alors le même en tout lieu, sinon il ne saurait être “populaire” ! Ah, pareille expression m’excède tant que je vais passer rapidement et vous laisser à votre travers !

    Et allez donc demander à TKT si le but de l’art est avant tout de créer des formes belles : il vous traitera d’inconceptuel ! Aussi, je n’ai jamais dit “qu’en soi la démarche artistique [éta]it favorisée si les contraintes matérielles se multipli[ai]ent, vous triturez mes propos ! Dans l’état le plus totalement contraignant, c’est-à-dire ne posséder rien ou n’avoir aucun moyen (imagination ou autres outils) d’exploiter quelque bien que l’on possède, rien ne se peut. Avoir l’esprit de débrouillardise peut faire une différence, mais n’importe quel œil, même non éduqué, saura apprécier et distinguer qu’un objet sculpté dans le marbre ou taillé dans le bois de rose, par exemple, est plus beau que ceux-là en vulgaire plastique. Ce dernier méritera d’être traité de manière originale ou de se révéler plus pratique ou incontournable que les autres pour être recherché, et encore, on le jettera plus facilement aux orties si on s’en lasse qu’on ne le fera du marbre ou du bois.

    À ce stade-ci, votre forme doit avoir un peu touché le fond, non ?

    Un bô ââââhh ! poussé par Marie Danielle — 27/08/2008 @ 9:25 am

  12. Bah, Marie-Danielle, ce que vous dites est absurde : bien sûr qu’il y a des pigments plus beaux que d’autres. Et, non, la rareté ne suffit pas à créer la valeur.

    Le matériel qu’on utilise ne doit pas être trop pauvre, mais je vous dis que s’il est trop riche en soi, on ne voit plus l’art. L’or taillé correctement est toujours joli : pas besoin d’être un génie de l’art. En fait, dans l’art, la matière doit se faire oublier. Si on admire ou déprécie une oeuvre d’art à cause de la matière utilisée, c’est qu’on ne comprend pas l’art ; si beaucoup de gens ont la même réaction, l’artiste doit changer de matière. C’est simple.

    Au demeurant, le principe peut s’appliquer au cinéma. Je vous encourage à lire la fin de mon article “Batman à micro-ondes”, sur mon blog genevois.

    Quant au jugement de TKT, je ne le prise pas un bouton, comme on disait au Moyen Âge.

    Si je vous ai paru plus inspiré, c’est pure illusion, car je ne pense pas l’avoir été jamais plus qu’en ce moment.

    Un bô ââââhh ! poussé par R.M. — 27/08/2008 @ 12:03 pm

  13. La beauté est toujours relative, Rémi, et il me semblait qu’on en avait déjà convenu antérieurement.

    Sinon, j’ai pour avis qu’en tout, et donc dans l’art, c’est la justesse qui se porte garante de …la justesse.

    Si l’art doit viser à la beauté, il se peut qu’elle emprunte des moyens qui le sont moins, beaux, pour le faire advenir autrement qu’en lui-même : sa beauté est dès lors autre, ou ailleurs que là où on a coutume de le trouver.

    Autrement, vous n’interdisez pas que l’on ne se montre pas seulement sous un jour sérieux, dites ?

    Quant au matériel utilisé dans l’art, que l’on adore l’un plus que l’autre ne peut pas ne pas se produire, c’est plutôt lorsqu’on en fait une fin plutôt qu’un moyen que l’art est dévoyé.

    Un bô ââââhh ! poussé par Marie Danielle — 27/08/2008 @ 1:11 pm

  14. Je ne crois pas me souvenir d’avoir jamais convenu une chose pareille, Marie-Danielle, et de fait, c’est contraire à ce que je crois. Personnellement, je considère que la beauté est un fait objectif, mais que les êtres humains ont du mal à appréhender avec netteté. Nous avons dû mal nous comprendre.

    L’art ne recherche pas la beauté, à mon avis, car sinon, précisément, il lui suffirait de créer des statues d’or pour être réussi. Il faut distinguer la beauté d’une forme de la beauté de l’objet, laquelle peut venir de sa matière (ou de son sujet, ou des idées qu’il exprime).

    Un bô ââââhh ! poussé par R.M. — 28/08/2008 @ 4:55 am

  15. La beauté en elle-même est objective, mais les êtres subjectifs que nous sommes seront sensibles chacun à des formes ou des matériaux + ou - différents. Nous la percevons ponctuellement, de façon particulière, selon notre individualité, et cette perception peut disparaître à tout moment, ou même se transformer dans son contraire. Ce pourrait être par un sentiment d’adéquation qui surgit en nous vis-à-vis d’un objet, ou alors de fascination par ce qu’il éveille en nous et ouvre d’inconnu, etc. Et sentiment ou pas, on peut apprécier l’intelligence de la structure, du concept et lui reconnaître de la beauté.

    Ainsi, vous n’aimez guère Char et Bonnefoy, et moi, si. Nous verrons si votre Mallarmé finira par se faire vraiment aimer de moi.

    Et en certains moments, on peut même trouver quelqu’un beau et laid à la fois.

    Un bô ââââhh ! poussé par MD — 28/08/2008 @ 5:49 am

  16. Je ne crois pas, MD. Cela me rappelle les dissertations de la thèse et de l’antithèse. Je dis bien à mes élèves qu’il est complètement absurde de trouver dans une première partie belle une chose qu’on trouve laide dans la deuxième. L’articulation vient de ce qu’on regarde la chose sous deux angles différents, et donc, qu’à chaque fois, on ne voit de la chose qu’une partie différente. Mais le tout doit pouvoir se juger clairement au bout du compte. Il y a des élèves qui concluent en disant que la chose est à la fois belle et laide, et je leur fais remarquer qu’une conclusion pareille est complètement inutile, et même qu’elle ne conclut pas, qu’elle ne débouche sur rien. Elle ne répond pas à la question posée au départ. L’ensemble du développement était donc inutile : on eût mieux fait de ne rien dire. On a perdu du temps.

    Mon opinion est que si les points de vue sont différents, c’est parce que l’erreur est humaine, et non parce que les choses sont plusieurs choses à la fois.

    Un bô ââââhh ! poussé par R.M. — 28/08/2008 @ 8:31 am

  17. Puisque, chair Rémi, vous mettez cela sur le compte de l’humaine erreur, sachez que le prof que vous êtes en commet précisément une en concluant comme vous le faites, car ça ne dépend pas que de l’erreur, mais du fait que qui coulerait dans le béton ses sentiments ou ses perceptions de manière définitive le ferait erronément, mais le manque de conscience claire n’est pas une erreur, c’est un défaut. Lequel nous pouvons commencer à compenser en retenant que l’on ne doit pas trop vite conclure une fois pour toutes, et garder le motif ouvert à la réflexion en attendant de pouvoir tirer les choses au clair.

    Autrement dit : je n’ai pas tort de trouver, quand cela se présente, une personne belle et laide à la fois ; c’est la personne qui donne unité à cette division, une division qui n’est pas nécessairement du ressort de mes sentiments ou de mes observations, par ailleurs. Mais il peut y avoir, tant dans mes sentiments ou mes perceptions des erreurs d’aiguillage, ou le simple fait que j’ignore trop de choses de l’autre pour pouvoir dépasser lesdits sentiments et/ou perceptions. C’est en cela que j’ai appris à laisser flotter mon jugement, à ne pas le tenir pour définitif.

    Un bô ââââhh ! poussé par MD — 28/08/2008 @ 2:10 pm

  18. MD, je crois que vous avez un peu de mal à distinguer le jugement qu’on porte sur une chose et la chose elle-même. Parfois, on dirait que pour vous, il n’y a que le premier, qui compte. Je n’ai jamais dit qu’un jugement pouvait être parfait, si ce n’est celui de Dieu. Je dis que les choses sont ce qu’elles sont, et non ce qu’elles ne sont pas. L’acuité intellectuelle est précisément là pour montrer ce qui, dans le réel, fait qu’une chose peut apparaître comme belle et laide (ou bonne et mauvaise) à la fois : elle va au-delà du sentiment diffus, à cet égard, et décèle dans l’objet la partie belle, la partie laide, qui ne sont confuses que tant qu’on ne les a pas distinguées. Ensuite, lorsque cela a été bien appréhendé, on peut le peser. Et une fois qu’on a pu le peser, on a pu voir quelle était la partie la plus importante. C’est l’essence même de ce qu’accomplit un juge, au sein d’un tribunal. (Il l’applique aux actions, du point de vue de la loi.) Or, vous savez que le droit interdit qu’on discute à l’infini les jugements d’un tribunal. Et croyez-moi, ce n’est pas sans raison. Il y a un moment où, faute d’élément nouveau, il faut savoir s’arrêter.

    Un bô ââââhh ! poussé par R.M. — 29/08/2008 @ 2:37 am

  19. Si vous reprenez le fil de la conversation, à propos du beau/laid auquel vous avez joint les aspects bon/mauvais, j’ai d’abord parlé d’individu ; vous avez ensuite parlé de chose, or il est plus simple de discuter objectivement d’un objet que d’une personne. Ensuite, je sais fort bien que les choses sont ce qu’elles sont, et si vous voulez une définition objective, y a qu’à consulter un dictionnaire ou d’user de science, et ces définitions-là remportent plus facilement l’accord de tous et portent moins à controverse, mais quand on entreprend de parler de beau/laid ou de bon/mauvais, on se pose sur un autre plan qui ne ressort pas du définitif, on quitte les caractères fonctionnels et/ou utilitaires. Peut-être serait-ce plus juste de parler de signifiant et de signifié ? En tout cas, parlant d’être humain, j’introduisais un caractère déjà plus insaisissable, peut-être qu’on se rapproche d’un rapport forme/fond où notre subjectivité se trouve mise en cause. Par ex., une personne pourrait avoir de très beaux traits, une constitution harmonieuse, mais ne pas plaire absolument à tout le monde au vu de ces éléments. Or, on peut reconnaître les qualités de ces traits et de cette constitution et leur rester insensible ; la personne n’en perd pas ses attributs, mais on peut ne pas la trouver belle pour autant : on a quitté le définitif pour entrer dans le relatif. Et c’est un relatif irréductible, au moins à ce moment, entre le regardant et le regardé. Et c’est ainsi que Brad Pitt me laisse to-ta-le-ment indifférente, ou qu’un Donald Sutherland, d’une plastique moins régulière, m’est plus beau ! :-)

    On reparlera d’aspects moraux ou légaux un autre jour, mais le jugement d’un tribunal ne se prononce de façon définitive qu’au vu de faits connus, vérifiables, encore que la révision interprétative de leurs arrêtés se révèle parfois possible. Mais vous avez encore déplacé le lieu !

    Un bô ââââhh ! poussé par MD — 29/08/2008 @ 10:36 am

  20. Vous pouvez le penser, mais la critique artistique, par exemple, juge bien d’une oeuvre en pesant le pour et le contre. Par exemple, Pierre Assouline dira d’un roman qu’il est bien écrit, d’un côté, mais que son action, sur le long terme, ne possède rien d’intéressant. Par ailleurs, le juge ne se contente pas d’appliquer mécaniquement des dispositions objectives, comme le croient beaucoup de gens : au bout du compte, il doit aussi juger en son âme et conscience. Par exemple, on condamne volontiers des gens dont il n’existe pas de preuve formelle qu’ils sont coupables, mais un faisceau de présomptions. Son avocat parle alors bien sûr du bénéfice du doute, mais le juge et le jury n’en tiennent pas toujours compte, et selon leur conviction personnelle, ils prononcent un jugement. Les circonstances atténuantes ressortissent au même principe : les psychologues peuvent établir ce qu’ils ont saisi, mais en général, plusieurs études contradictoires existent, et finalement, le jugement tranche, et évalue l’importance de ces circonstances atténuantes. Or, la question est ici morale. On évalue la culpabilité intérieure.

    Un bô ââââhh ! poussé par R.M. — 30/08/2008 @ 3:41 am

  21. (Et au demeurant, au départ, MD, on a vraisemblablement établi la morale selon des critères plutôt esthétiques : les belles actions étaient aussi ressenties comme bonnes, et les mauvaises actions étaient en même temps ressenties comme laides. Je ne pense pas qu’on ait créé la morale, à l’origine, selon des pensées extrêmement claires, mais plutôt à partir du ressenti. En tout cas, c’est mon avis. Et mon avis est aussi que la philosophie s’est occupée d’esthétique en essayant précisément de penser clairement ce qui était de l’ordre du ressenti, face à l’art.)

    Un bô ââââhh ! poussé par R.M. — 30/08/2008 @ 3:57 am

  22. (Pour les acteurs dont vous parlez, vous savez, je suppose, que le pendant des traits réguliers, c’est qu’ils sont communs, fades : on dit que c’est le pendant, ou le revers de la médaille, parce que ce sont deux aspects différents. On pourrait dire que ce n’est pas l’irrégularité des traits en elle-même, qui vous plaît, chez untel, mais l’originalité de son visage, ou son expressivité - ce qui revient au même : car ce qui est commun n’est pas très expressif.)

    Un bô ââââhh ! poussé par R.M. — 30/08/2008 @ 4:01 am

  23. Un bon critique sera celui qui possèdera une culture plus ou moins étendue qui lui servira de comparatif vis-à-vis d’un nouvel objet ; il doit évaluer ledit objet selon les conventions admises de la discipline qui l’occupe, et s’il est très doué il saura en repousser les limites ou renouveler les regards, etc. Mais, s’il a à dire si l’œuvre est réussie, lorsqu’il dit qu’il l’aime c’est sa subjectivité qui s’exprime, ce qui n’est pas interdit (eh oh) mais ce faisant il sort un peu de son rôle de critique. En même temps, cette même subjectivité est aussi ce sur quoi se sont greffées toutes les connaissances acquises, et si la sensibilité est grande et bien dégagée, son regard n’en aura que plus d’acuité et de finesse. C’est cette passion raisonnée, nourrie et soutenue qui sera la meilleure des justifications de l’expression de sa subjectivité en bout de course.

    Ce sera vrai pour quiconque aura un jugement à poser, en fait.

    Lorsque je vivais en ville, j’avais appris à reconnaître qui, parmi les critiques en matière de théâtre, ciné ou spectacles, avait un type de sensibilité et de curiosité proche de la mienne : j’étais un peu plus assurée de mon choix avant d’avoir vu. Ça s’appliquait surtout quand l’œuvre ou l’auteur, etc. m’étaient peu connus car je n’avais besoin de personne pour me décider à aller voir un Bergman, par exemple. Ce que j’en dis, c’est que beaucoup de gens se plaignent que telle chose ou une autre le leur avait été chaudement recommandée, qu’un critique l’avait qualifiée de chef d’œuvre etc., mais qu’eux en ont été déçus : et pour cause ! Il faut se connaître soi et ses goûts pour commencer à établir un distingo qui vaille un peu, et croire qu’une chose sera bonne parce qu’elle connaît un grand succès populaire ou parce qu’une personnalité l’a dit, c’est faire preuve d’une naïveté dont on fera les frais.

    Un bô ââââhh ! poussé par MD — 30/08/2008 @ 8:50 pm

  24. Bof, les conventions admises par qui ? Les autorités morales et inellectuelles ? Ce n’est pas reprendre directement ce qu’une autorité a dit, mais raisonner à partir de ce que les personnalités les plus marquantes disent, en se contentant d’appliquer à un cas particulier leurs idées générales. C’est ce qui se fait habituellement, mais moi, je suis toujours prêt à contester les conventions admises, si elles me paraissent fausses. Et elles peuvent m’apparaître telles selon l’expérience : par exemple, j’ai concrètement adoré une oeuvre qui, selon les conventions, s’avère défectueuse aux yeux des critiques reconnus comme compétents selon vos critères. Je ne peux dire alors qu’une chose : les conventions ne correspondent pas à la réalité. En droit, on dirait pareillement que les lois ne correspondent pas au sentiment qu’on peut avoir de la justice. La démocratie, en effet, présuppose que la convention peut être changée, et l’idée d’évolution, qu’elle peut être améliorée : tout comme les lois. Or, je trouve que c’est- vrai ; qu’on peut réellement améliorer les critères de jugement.

    Néanmoins, MD, même selon votre définition, on pèse le pour et le contre sous différents aspects de la chose étudiée. On ne se contredit pas. Soit l’oeuvre correspond aux critères, soit non.

    Un bô ââââhh ! poussé par R.M. — 01/09/2008 @ 10:24 am

  25. InTellectuelles (erratum).

    Un bô ââââhh ! poussé par R.M. — 01/09/2008 @ 10:25 am

  26. Aurais-je enfin réussi à vous faire entendre raison, Rémi ? Vous voilà à dire comme moi que les jugements sont relatifs : relatifs à des individus, un groupe, une société, une époque…, plusieurs relativités pouvant se manifester dans une même époque (en fait, je considère que ça ressort d’individualités qui s’imposent ou sont attestées par autrui comme des autorités). Je précise par ailleurs que je ne confère pas d’aspect divin aux autorités ; au contraire, je les trouve extrêmement susceptible de se révéler faillibles éventuellement.

    Un bô ââââhh ! poussé par MD — 01/09/2008 @ 12:17 pm

  27. MD, j’ai le sentiment que vous ne parvenez pas à distinguer les choses des jugements qu’on porte sur elles. Je suis convaincu que tout jugement est imparfait et donc toute opinion relative, mais pour autant, la réalité elle-même n’a rien de relatif. Or, l’art est une réalité : je n’entends pas par réalité seulement ce qui peut s’appréhender matériellement, mais aussi ce qui s’appréhende conceptuellement. Sinon, il n’y aurait que des changements, au gré du temps, et il n’y aurait pas d’amélioration possible : si je parle d’amélioration, c’est bien que je crois qu’il y a une vérité à laquelle on tend, ou dont on s’écarte, selon les cas. De même qu’au sein de l’Evolution on pourrait dire qu’il existe un tronc constitué de potentialités, mais qui avance, et que les branches qui en naissent physiquement et “réellement” toutes tendent à s’écarter de ce tronc, de même, la vérité est insaisissable par le faible esprit humain, et pour autant, elle est bien là, agissant comme une force invisible sur la raison. Ensuite, les idées par lesquelles on peut la représenter sont toutes forcément imparfaites et déjà divergentes de ce qu’elle est réellement.

    Je crois, honnêtement, que vous devriez essayer de réfléchir à cette philosophie que j’ai, non pas parce qu’elle est forcément celle qu’il faut avoir, mais parce que vos réactions, quand je dis quelque chose, montrent que vous ne l’avez pas du tout comprise.

    Un bô ââââhh ! poussé par R.M. — 03/09/2008 @ 3:01 am

  28. Il me paraît plutôt que votre sens logique, dans cette discussion-ci, se contredise. Et peut-être pourriez-vous vous montrer un peu moins sûr de la clarté de votre expression. Qui voudrait me discréditer ne ferait pas mieux. Les gens de pouvoir font pareillement, quand on dérange leurs affaires. Bref, vous ne vous montrez pas très agréable et si c’est votre façon de larguer vos amis, on n’insistera pas.

    Un bô ââââhh ! poussé par MD — 03/09/2008 @ 7:54 am

  29. Où ai-je dit que mon expression était claire ? Je ne mets pas forcément sur vous la responsabilité de l’absence de compréhension. Ce n’est pas le problème.

    Pour faire plus simple, disons alors que je défends un paradoxe : d’une part, je ne crois pas qu’aucune idée puisse représenter parfaitement la vérité, d’autre part, je pense que les idées ne se valent pas exactement, et que certaines sont plus… exactes que d’autres.

    Mais les idées sont de ce monde, et la perfection n’en est pas.

    Un bô ââââhh ! poussé par R.M. — 03/09/2008 @ 11:39 am

  30. Ouille ! Que j’aurais aimé être sorti du lit quelques jours auparavant !
    Étant peintre pas écrivain, en bref (et court):
    - L’amateur d’art regarde l’œuvre en artiste, il l’a recrée, pas en juge. Jugeons d’une œuvre et nous avons sauter la clôture de l’art pour pavoiser sur le terrain de la culture. Nous entrons dans le domaine de la culture-religion. L’art n’a pas besoin de pigments particuliers. La culture classe les pigments. Battre des coudes, oui cela fait de l’art mais cela fait-il de la culture?
    La beauté n’est pas relative, elle est omniprésente.

    Un bô ââââhh ! poussé par Du Glas — 03/09/2008 @ 2:03 pm

  31. Il se trouve, Rémi, que ceci est bien ce que vous avez dit de plus clair :

    “Pour faire plus simple, disons alors que je défends un paradoxe : d’une part, je ne crois pas qu’aucune idée puisse représenter parfaitement la vérité, d’autre part, je pense que les idées ne se valent pas exactement, et que certaines sont plus… exactes que d’autres.”

    …et je conçois à peu près les choses comme vous. Il se trouve aussi que je me prononçais ici surtout par rapport à nos perceptions et nos interprétations : je sais depuis belle lurette que les choses sont ce qu’elles sont. Je préfère parler de réalité plutôt que de vérité, par contre, parce que ce mot est déjà un immense piège à cause de toutes les passions humaines qui y ont été projetées et encore.

    Quant aux idées qui ne se valent pas toutes, de cela aussi je suis bien au fait. Maintenant, de ce qui établirait hors de tout doute ou de possibles remises en cause la justesse des unes vis-à-vis des autres, de cela on peut sans cesse discuter. Or, l’un des pièges, à ce titre, est de savoir illustrer correctement les motifs, les critères qui permettent de rendre un jugement au plus juste. Et, voyez-vous, même en établissant cela au mieux, il n’est pas dit qu’un autre ait absolument à y adhérer pour lui-même. C’est-à-dire que je pourrais, par ex., comprendre intellectuellement ce pour quoi vous jugez et de manière logique et bien-fondée, un objet beau ou laid or whatever it could be, et ne pas nier votre conception possiblement plus informée que la mienne sur un cas ou un autre, et ne pas y retrouver ce qu’il me faudrait pour ancrer ce qui, à moi, apparaît. Ou je pourrais aussi tout à fait saisir et admettre indiscutablement vos fondements, et demeurer plus ou moins sensible à cette beauté ou ce manque de beauté qu’il illustre.

    Cela dit, je vous sais cent fois plus outillé et plus articulé que moi pour parler de ces choses, mais les mots sont parfois connotés et il vaut, dans une conversation, de rappeler le sens qu’on leur donne quand on sait qu’il est susceptible d’entraîner des confusions (d’autant plus si on parle abstraitement). Entendu qu’on ne peut toujours y penser et le savoir, mais fixer l’incompréhension de l’autre en la faisant dépendre d’une incapacité qu’elle aurait quand cela pourrait ne tenir qu’aux termes du discours ou à l’Absence d’un terrain commun bien établi, disons que ça ne facilite pas la bonne réception (je tombe régulièrement dans ce travers, sachez que j’en suis consciente, et pas toujours au moment où ça se passe).

    Disons que je me suis sentie braquée par votre commentaire en 27, et que tout me paraît mieux dégagé dorénavant. Ajoutons qu’il vaudrait peut-être que je relise tout ce fil afin de cerner où j’aurais pu errer si tel est le cas, ou tenter d’identifier ce que vous auriez dit qui aurait eu besoin de précision(s) si tel était le cas, mais là je viens de me lever et déjeune. J’y reviendrai si possible d’ici la fin de la journée.

    Du Glas, tant que la section des commentaires ne s’affiche pas close, il est possible d’y aller à fond de train. D’abord, je me réjouis de te savoir sorti du lit : c’est déjà un peu bon signe pour ton état de santé. Ensuite, tu as su télescoper un bon nombre d’éléments de notre conversation, à Rémi et moi, tout en y ajoutant des tiens but, care to develop a little bit more ?

    À propos des pigments, ce que j’ai cherché à dire, c’est que Staël a lui-même écrit qu’il avait enfin pu s’en offrir certains, une fois un peu plus fortuné, et que cela a fait pour lui une différence en lui donnant les moyens de peindre ce qu’il voyait ou de jouer de ces tons comme il le désirait. Un peu comme moi qui voudrait faire un gâteau au chocolat mais aurait tous les ingrédients nécessaires à une recette de base, sauf le chocolat…

    Un bô ââââhh ! poussé par MD — 04/09/2008 @ 12:25 pm

  32. C’est sûr que ce n’est pas le pigment qui fait l’artiste. Mais si un artiste a envie de s’acheter un pigment, c’est sûrement qu’il en a besoin.

    En tout cas, il est exact que le discours sur l’art n’est pas en soi de l’art. Même si un discours peut en soi être bien écrit, bien sûr.

    Un bô ââââhh ! poussé par R.M. — 05/09/2008 @ 3:32 am

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