Synchronie-Cité

Nous reste à inventer une ville où le Temps nous serait accordé,
une ville du nom de Synchronie-Cité,
une ville où l’on n’arriverait jamais car sans départ nous serions.Sans départ de l’être, seulement la présence.
Sans départ de l’être, seulement la reconnaissance de nos formes.
Au coin de la rue, sur nos couches, à l’atelier,
partout l’Unité,
partout nous trouverions, sans plus besoin de chercher.Nos gestuelles seraient danse, et nos souffles, envols,
sans nécessité de mouvement, tout étant notre élément.
Notre soif serait sans eau, notre eau étant sans soif.
Cachetée ou non, peu importe,
la légèreté serait notre enveloppe,
et toute écriture notre constitution pure.
Le silence serait transparence du Verbe.


Qui, du Serpent ou de vous, charme l˚autre ?

Mon dieu, que la vie est ophidienne…
:>))
Clo
Un bô ââââhh ! poussé par Clopine Trouillefou — 07/08/2007 @ 6:32 am
Le tableau du haut est vraiment bien. Le poème est un peu compliqué, non ? Pas facile de rester émerveillé, quand il faut réfléchir pour comprendre.
Un bô ââââhh ! poussé par Ramiel — 07/08/2007 @ 12:42 pm
“Pas facile de rester émerveillé, quand il faut réfléchir pour comprendre.”
Ah si c’est pas miraculeux, vous avez exactement formulé le sentiment que j’éprouve régulièrement en vous lisant ! Mais j’vous aime quand même, z’inquiétez pô.
Un bô ââââhh ! poussé par Marie Danielle — 07/08/2007 @ 12:51 pm
Mais ma prose est philosophique, plus que poétique, ô Marie Danielle. On m’a reproché de faire des vers dont les idées étaient trop simples, trop anodines. Vous comprenez : ce sont deux genres différents. Mais c’est vous qui les avez écrits, ces vers ? Je croyais que c’était Ljuba. Je suis allé voir ce qu’il faisait, sur Internet, et ce que j’aime surtout, c’est la première des xdeux peintures que vous avez reprises. Le reste me convainc moins. Je suis allé aussi voir Staël, et cela m’a finalement bien plu, au contraire.
Un bô ââââhh ! poussé par Ramiel — 07/08/2007 @ 5:26 pm
Peu importe qu’elle soit philosophique ou poétique, quand vous dissertez longuement pour achever en disant n’est-ce pas magnifique, n’espérez-vous pas avoir émerveillé, réenchanté ?
Sinon, fafouin, essayez pas de vous racheter en disant que vous pensiez que… Vous n’indiquez rien, vous, quand vous citez ?
Ljuba et Staël me plaisent pour des raisons divergentes, mais ici, et les représentations et le nom que les tableaux portent sont pour moi occasion de résonances qui se démultiplient, et à chaque passant de faire son expérience.
Un bô ââââhh ! poussé par Marie Danielle — 07/08/2007 @ 6:13 pm
C’est qu’en fait, un poème est court : difficile d’expliquer des idées compliquées ; on ne peut que les mentionner. Si les concepts de Jung m’étaient familiers, peut-être que je verrais les choses différemment. Mais pour ne rien vous cacher, je n’y ai jamais rien compris. Une idée compliquée inspirée par la philosophie moderne peut suffire à un poème. Si on en trouve plusieurs, on est vite perdu. Une ville où on arrive toujours parce qu’on n’en part jamais, a priori, c’est plutôt la ville de l’ennui éternel. Or, le poème suggère que cette ville peut être désirée. En ce cas, un premier poème le montrant serait bienvenu. Par exemple, parce qu’on y verrait les marques du temps : chaque heure montrerait un détail nouveau, et on donne des exemples, et on arrive à la taille d’un sonnet.
Ensuite, il y aurait la présence immanente de l’Être. Cela aussi peut être développé en un sonnet, ou un poème libre équivalent (pour la taille). On peut dire qu’un lieu complètement habité par soi est rempli de soi, qu’on s’y reflète toujours, etc. Et de nouveau, des exemples.
Cela ne demande pas forcément à être simple sur le plan philosophique, mais à mon avis, un poème est un rythme ; et si on s’arrête à chaque formule pour essayer de la comprendre, le rythme est forcément dissout.
Un bô ââââhh ! poussé par Ramiel — 07/08/2007 @ 6:31 pm
Où est-il écrit que c’était un poème (et, question subsidiaire, comment pourrais-je en écrire si je ne sais pas ce qu’est la poésie ?) ?
“Or, le poème suggère que cette ville peut être désirée. En ce cas, un premier poème le montrant serait bienvenu.”
Ben, vous voyez, j’ai su susciter en vous le désir !!
N’ai-je pas débuté par “Nous reste à inventer …” ? Pourquoi me serait-il interdit d’écrire la quête d’un désir ou un rêve à développer ?
Les gens sont jamais contents, hein. Si on réduit tout en purée, ils vont être insultés qu’on les ait traités en édentés, et si on leur donne de la nourriture solide, que ça leur reste sur l’estomac.
Et pis, y a des choses qui se méritent. Pffff.
Allez donc lire Hegel, pour casser votre rythme.
(dites, Ramichou, on en est rendu à quelle hauteur, pour le tremplin de la psicine ?? je demande, puisque vous m’avez bandé les yeux…)
Un bô ââââhh ! poussé par Marie Danielle — 07/08/2007 @ 6:51 pm
Cela se présente extérieurement comme de la poésie, Marie Danielle. Comme vous ne remplissez pas la ligne, on a l’impression qu’il y a des vers. Or, comme les idées sont compliquées, on a du mal à entrer dans le rythme présupposé par ces vers. En effet, si une ligne de vers est plus courte qu’une ligne de prose, habituellement, c’est que le vers impose un rythme plus net, plus cadencé que le paragraphe (sauf dans la poésie en prose, naturellement) : plus audible, en somme. Et ne suivant pas nécessairement les règles de la grammaire (qui créent elles aussi un rythme, le point instaurant forcément une pause, et la proposition ayant en fait son unité rythmique : on peut dire que la proposition sujet + verbe + complément, c’est déjà de la poésie libre).
Un bô ââââhh ! poussé par Ramiel — 08/08/2007 @ 2:57 am
Bon. Puisque ça ne peut être piscine tous les jours.
Alors, tout ce que vous dites doit forcément être juste, mais ça ne changera rien à mon texte, car je ne saurais dire/écrire autrement ce qu’il dit. Il se trouve que certains de mes poèmes ont été travaillés pour en être, par contre ce que j’écris parfois, aussi inachevé cela se présenterait-il, est la forme la plus accomplie que je saurais rendre à ce que ma …”pensée” a poursuivi. Peut-être ne devrais-je pas le publier ici ? Reste qu’aucun mot ne pourrait en être retranché ou déplacé, actuellement; ils sont tous porteurs de ce que j’ai tenté de nommer. En même temps, l’exposition de ce texte et sa relecture agissent comme le fond d’un lac permettant à un objet de s’y déposer. Ma recherche d’images - j’étais allée voir du côté de Caspar Friedrich auparavant, pour me rendre compte que les tableaux de Ljuba entraient en résonance avec l’état qui habite mon texte - me permet également cette prolongation.
Bon, moi je continuerai à vous aimer, même incomprise, mais vous, m’aimerez-vous en imparfaite ? Sans auréole de gloire à vous offrir ?
Je goguenardise, of course.
Un bô ââââhh ! poussé par Marie Danielle — 08/08/2007 @ 10:22 am
Oui. Mais enfin, personnellement, cette théorie de la synchronicité, je la trouve un peu trop compliquée pour ne pas être burlesque, en fait ; si je faisais un poème sur elle, il est probable qu’il serait plutôt satirique. Même dans les progrès infinis de l’intelligence moderne, il faut parfois savoir rester mesuré et simplement un honnête homme, comme on disait autrefois. D’où ma réaction.
Un bô ââââhh ! poussé par Ramiel — 08/08/2007 @ 11:21 am
Eh ho, Ramirat, poussez, mais poussez égal ! Je s’rais pas une honnête femme, mouah ?? On poursuit en justice pour moins que ça, vous savez !
Si c’est pas assez rustre de louvoyer comme vous l’avez fait avant de voir finalement le chat sortir du sac !
Mon texte n’a jamais eu prétention d’être commentaire avisé de la théorie de Jung sur la synchronicité, ni de quelque autre, par ailleurs, sinon où la voyez-vous, je vous le demande ??
Êtes-vous allé lire le commentaire d’Alain de Baudemont auquel le petit bouton de fleur de chrysanthème renvoie, avant le 1er tableau de Ljuba ? Peut-être cela aurait-il éclairé un brin votre compréhension (non que mon texte ne puisse se tenir tout seul, mais votre faim à décortiquer s’en porterait peut-être un peu mieux). Mon texte n’avait pas non plus pour but de lui faire réponse, simplement il a émané de sa lecture et de l’écoute de la chanson de Brel, conjugué à quelque matière en moi.
Si vous voulez, son propos (celui de Synchronie-Cité) tend surtout à rendre l’état éprouvé dans les moments de synchronicité, ou à tenter de nommer ce qui nous traverse qui, en d’autres moments sont désirs ou espoirs autrement incomblés. Maintenant, j’ai débuté avec ce “Nous reste à inventer…”, mais ça n’est pas un absolu qui me gouverne, car je sais trop bien que les moments de félicité sont tels parce qu’elle est souvent absente de nos jours (ou nuits
). Cela dit, il n’était pas question pour moi de lui joindre une mise en garde non plus ! Z’auriez pas peur de la liberté absolue de la littérature, mon p’tit Raminours ?? À moins que vous ne soyez jaloux de l’exercice qu’en font les autres ??
Je goguenardise de plus belle. C’est si facile, avec vous (non pas que ça n’exige pas de notre part une grande souplesse, diable non, non, non; facile au sens où vous nous en fournissez l’occasion plus que ne sauraient le faire tant d’autres. Est-ce un mal, est-ce un bien : cela est au-delà !).
Un bô ââââhh ! poussé par Marie Danielle — 08/08/2007 @ 1:00 pm
Non, bien sûr, vous écrivez ce que vous voulez. Mais personnellement, j’aime bien me moquer des théories que je trouve un peu trop intelligentes pour qu’elles correspondent à la réalité, qui n’est elle-même pas spécialement intelligente, en fait.
Cela dit, j’ai quand même eu du mal à comprendre votre texte. Je comprends l’image de gestes qui seraient danse, par exemple, mais ensuite, le mouvement sans mouvement, cela m’a rappelé ce que Valéry dit de Zénon dans son “Cimetière marin” : Achille bougeant et ne bougeant pas. Or, Zénon développait en fait une théorie sur le monde tel qu’il était globalement à prendre. En d’autres termes, le mouvement sans mouvement, cela peut être déjà le cas de tout mouvement, vu sous un certain angle. Si des gestes qui deviennent danse demandent bien une cité idéale, des mouvements sans mouvement, du point de vue de Jung même, je crois, c’est déjà ce que nous vivons, dans la réalité. Le mouvement, diront ses disciples, est en fait une illusion. Or, entre le geste et la danse, il y a une distinction qui ne relève pas de la simple illusion, du simple point de vue, car cela dépend de l’auteur du geste, tandis que la nature du mouvement, sur le plan fondamental, dépend de la nature même de l’univers.
La cité idéale peut-elle être celle au sein de laquelle l’idée du mouvement sans mouvement se matérialise directement ? Mais quelle forme cela prend-il, concrètement ? Un geste qui est une danse, on comprend bien. Mais un mouvement sans mouvement, ce n’est pas pareil : il est assez difficile de se le représenter.
Vous parlez aussi de l’Unité. Mais dans les faits, comment cela se présente-t-il, au sein de votre Cité ? Est-ce que quand on bouge le bras, on meut aussi toute une rue ? Ce n’est pas facile à concevoir. C’est pourquoi je vous avais suggéré de donner des exemples concrets, pour illustrer chacune de vos idées. Peut-être que le poème est trop court (pour que je parvienne à saisir clairement son propos, je veux dire : peut-être qu’un autre y parviendrait mieux).
Un bô ââââhh ! poussé par Ramiel — 09/08/2007 @ 3:11 am
Ô, ma Ville, chaque fois jamais la même, toujours quand même idem, je vous aimerai toujours même en imparfaite du subjectif, avec ou sans fenêtre, en rythme dissout, ou en vers à sans sous, Ô, ma chouette, ma ville, mon ciel bleu, mes pleurs d’éros, Ô, ma pie qui chante, ma girl enchanteresse, ma Salammbô, ma Sand éberluée aux doigts piano de Georges, c’était à Niagara, Bourg Fô de Baltabellô, dans les darjilings d’Entonnoir. Ma ville, je t’invente comme à Bâle, Dakein lisait au lit, jusqu’à minuit.
Un bô ââââhh ! poussé par Alain Baudemont — 09/08/2007 @ 5:58 am
La réalité, la réalité, Ramiel… Parlez-vous de la réalité matérielle seulement ? Sinon, puisque vous reconnaissez vous-même quelque esprit aux humains, vous savez bien que la réalité peut dès lors devenir (mais sans absolu contrôle par le “créateur”) ce que l’on en ferait
Pour le reste, Ramichou, je vous prédis beaucoup de succès au cas où vous envisageriez faire carrière dans le burlesque. Mon texte demeurera tel, y avoir été plus illustrative ainsi que vous l’auriez souhaité, ç’aurait été imposer des représentations au lecteur. Or, je ne suis pas une totalitariste, moâ, m’sieu’ Ramirat.
C’est fou, Alain, vous me rappelez Eva, ou Jean-Balthazar, s’il décidait de se faire lyrique. Et il faisait quoi, Dakein, après minuit ? Son cas rosse se transformait en scie-trouille ?
Un bô ââââhh ! poussé par Marie Danielle — 09/08/2007 @ 10:07 am
Euh, Marie Danielle, depuis Aristote, on a dans l’idée que l’art est justement de la représentation. L’art crée des représentations : c’est là son objet. Représentations d’une réalité matérielle, représentations d’une réalité spirituelle, c’est selon : il n’y a aucune obligation de l’un ou de l’autre. Mais si on veut parler français, il faut bien utiliser les mots de la langue française, non ?
Je ne crois pas, sinon, que l’être humain crée la réalité. Il crée des objets qui s’insèrent dans la réalité. Il peut créer des images qui s’insèrent dans son esprit. Mais l’être humain n’a pas créé son esprit. Et ces images mêmes ne sont que des images : elles ne deviennent jamais une réalité qui puisse exister au delà de l’esprit même où elles se trouvent. On agit conformément à ces images, si on croit qu’elles correspondent à la réalité. Quand ces images ne correspondent pas à la réalité, qu’arrive-t-il ? Du désordre. Rien de nouveau, en fait, sinon en tant qu’images. Mais l’image d’une chose n’est pas cette chose ; et le psychisme est une réalité qui n’obéit pas à la volonté humaine forcément : il a ses propres lois. Il n’est pas, en fait, la création de la volonté humaine : car la volonté elle-même est une partie du psychisme. On ne peut pas s’inventer soi-même. Le psychisme précède donc la volonté : ses lois ne dépendent pas de la volonté humaine.
Un bô ââââhh ! poussé par Ramiel — 09/08/2007 @ 2:55 pm
Vous voulez des images, Raminours ?
Je vois bien votre manège. Même qu’ils sont démultipliés. À vos côtés, Matzneff pourrait aller se rhabiller (mais il ne le fera pas, le Gabri-el…). Et puis on est si près du but, déjà…
Un bô ââââhh ! poussé par Marie Danielle — 09/08/2007 @ 4:00 pm