28/07/2007

   SerpentFractale  Entendre à .V.O.I.R. : ES MUSS SEIN !


                     Migrer dans l’Œil du Temps,
                     loin des assignations
                                          de l’habituel.
                     En mouvance,
                     dans l’espace du signe fixe,
                     se pratiquer
                     une brèche de liberté
                     dans la saisie
                     d’un regard trans-formé.


    

    Ne pas réagir qu’impulsivement devant l’actuel exige effort, surtout à notre époque où l’on carbure à la sensation et au spectaculaire, d’autant que le spectacle est devenu le spectacle du spectacle du spectacle du…

    On fait toutefois fausse route en considérant démodé l’inactuel. Au contraire : se passant de mode, il les transcende toutes en permettant la conjonction espace-temps. Voilà ce qui me trotte dans la tête depuis la lecture hier des échanges entre KunstStoff Thierry Kron sur toileTraube, Henri Zerdoun et Seidrik sur le blog de Pierre Assouline, à propos du travail photographique d’Henri Zerdoun lui-même.

    Exception faite du combat de coqs, les éléments apportés par le premier concerné et les deux autres compères commentateurs ont surtout eu pour effet de faire ressurgir ce qui s’est mu en moi, lors de ma contemplation de ces trois clichés particuliers, mais aussi en flânant dans la galerie permanente de son site. Et, à vrai dire, les échos de ces paons ne sont pas sans trouver quelque résonance en moi, sauf que, du silence retrouvé, loin des bruits de la scène républicaine, se dégage, plus clair et plus cristallin qu’auparavant, quelque ténu tintement du sens : Henri Zerdoun offre à voir le réel dans sa plus simple expression. Ce qui est loin d’être si simple à obtenir.


    

    C’est très osé de la part de la néophyte que je suis en matière d’art photographique de se prononcer ainsi, mais je maintiendrai que ce que je perçois, à travers les rendus de ses captations telles qu’elles apparaissent à l’écran, c’est, en particulier, une intention - souvent réalisée - de saisie du monde tel qu’il est. Ce qui ne nous est, sans nul doute, pas toujours accessible sans difficultés, nous qui sommes gavés d’effets spéciaux et d’images retouchées ne laissant plus transpirer le vivant et maquillant le mort.

    Les sélections par Pierre Assouline faisant parfois s’accompagner ses notes par des clichés d’Henri Zerdoun auraient-elles suffi à me permettre de discerner ce qui se fait graduellement jour à mon esprit ? Peut-être. Mais l’invitation de Thierry Kron a certainement dû jouer un rôle de catalyseur, en m’incitant à poser mon regard plus longuement. Ensuite, l’imprégnation fait son œuvre à son rythme et l’on ne peut en tirer ce que l’on veut, ni décider de ce qu’elle produira et quand. Imprégnation qui nous aura peut-être permis d’entrapercevoir que l’occupation du photographe ici témoigne d’une démarche intérieure menée en parallèle à son activité. Encore que… chaque mouvement ne serait pas tant soumis l’un à l’autre que participant de l’un et de l’autre, en Henri Zerdoun lui-même dont l’expérience d’être-au-monde ne saurait se réduire à toutes ces expressions.

    Ainsi que cela se présente à mes yeux, donc, il pourrait y avoir chez Henri Zerdoun une volonté d’abstraction du photographe devant la séquence temporelle qui s’offre à lui. Refus d’une recherche d’effet dans le but de flatter la prunelle de qui regardera, mais désir de capter ce qui fait effet dans le réel selon l’effet en présence, sans rien de surajouté, sans imposition de sentiment précis (ou d’exclusivement personnel), sans absolue direction de pensée (ce que le recours à un artifice de montage (?) ne contredirait pas, malgré tout). Ce qui peut dérouter, à première vue. Ou paraître banal. Comme étaient banales les prises de photo d’avant, au temps de l’innocence de l’image, au temps où le(s) photographié(s) ne prenai(en)t pas une pose mais étaient pris en pose. Au temps où on échappait à la figuration forcenée qui sévit de nos jours. C’est pourquoi je parlerais d’un “réel dépouillé” dans l’œuvre photographique d’Henri Zerdoun car, si le réel peut se passer de nos yeux et de nos interprétations pour exister, nous ne pouvons nous passer de ces capteurs qui s’attachent à nous donner à voir au-delà et en-deça de nos projections et qui éclairent nos pas à travers les brouillards…

    Enfin, tout est loin d’être dit. Mais reste à voir et entendre, assurément.

* La 3e photographie, où je figure, en est une personnelle d’un pique-nique de fin d’année d’école. Je n’avais alors que 4 ans, et portais un gilet qui ne pouvait être, de toute évidence, que rouge : c’est visible à l’œil nu… Malgré qu’elle ait été abîmée par le temps, j’ai voulu l’inclure dans cette note afin d’illustrer concrètement comment le regard d’Henri Zerdoun renvoie à notre réel le plus intime.


Muss es sein ? Es muss sein !
interprétée en italien
par Les Anarchistes,
vidéo envoyée par XLanig

Texte illustré (en français) de
MUSS ES SEIN ? ES MUSS SEIN !,
chanson de Léo Ferré.




   Libellé(s) ophidien(s) : Ceinte d'Art - par MD ~ @ (lien permanent) - 6:16 pm

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4 Bô ââââhh ! »

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  1. Souvent quand le serpent me mord, il meurt et plus vite que moi.

    Un bô ââââhh ! poussé par Traubetoberealbad — 29/07/2007 @ 2:47 am

  2. Ah ben oui mais alors, les deux meurent, hein ! Vaut mieux le charmer, le serpent, moi j’dis…

    Un bô ââââhh ! poussé par Marie Danielle — 29/07/2007 @ 2:52 am

  3. Chère Marie Danielle,
    Tout d’abord merci de ce beau texte. Mais au delà surtout MERCI pour avoir su comprendre “ma démarche” et ce qui la sous-tendait. Il est toujours vivifiant de savoir qu’une personne partage et comprenne votre “sensation” d’être au monde.. On se sent réellement moins seul dans ce monde de brûtes!!!
    ” Par les soirs bleus d’été,
    j’irais par les sentiers,
    picoté par les blès,fouler l’herbe menue…”
    A. Rimbaud.
    Je ne peux par pudeur vous en dire plus.
    Amicalement, H.Z

    Un bô ââââhh ! poussé par Henri Zerdoun — 29/07/2007 @ 11:46 pm

  4. Cher Henri, à nouveau, sans l’évocation interrogative, par Thierry, du fil rouge à retracer tout au long de votre parcours, l’occasion ne m’aurait pas été donnée de revenir sur mes pas, qui ont croisé les vôtres, en plongeant mon regard dans votre univers, pour le retrouver quelque peu transformé. Ce fut là une opportunité de synthèse et de plus nette saisie d’impressions, mais surtout, d’un peu de désencombrement dudit regard, dans un espace-temps où le vivant nous apparaît, dans sa fragilité et sa ténuité, à la fois précieux et si éphémère. Ou peut-être plus précieux dans ce vent, cet air d’éphémérité ?

    Sinon, la pudeur m’interdit de… commenter la vôtre !

    Œuphoriquement.

    Un bô ââââhh ! poussé par Marie Danielle — 30/07/2007 @ 4:32 pm

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   SultaneRouge   Qui, du Serpent ou de vous, charme l˚autre ?

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