25/05/2007

   SerpentFractale  “Entrer en religion…”


On s’étonnera de l’intitulé de cette catégorie, Entrer en religion, mais son sous-titre, ma quête de lien(s), précise déjà comment je m’empare de cette expression figée, non pas pour un effet frappant les esprits dans un sens spectaculaire, mais plutôt pour illustrer les détachements et les attachements (et les inévitables entachements !) dans lesquels m’ont entraînée, m’entraînent et pourraient m’entraîner encore, mon besoin de faire du sens de la vie humaine et de, non pas créer, mais trouver ce qui nous lie les uns aux autres et qui revêt pour moi un caractère sacré.

Déjà il me faut dire que, si je m’autorise la prise de parole en ces matières, c’est d’abord et avant tout pour mettre en forme ce qui, en moi, gît - ou s’agite, surtout - informulé, ou qui est plus ou moins défini et conscient. Or, écrire m’est devenu le lieu par excellence où procéder au désencombrement de l’égo (avec lequel il nous faut bien composer pour atteindre à l’ego …universel ?). Ce serait tenter de faire le point - qui ne saurait sérieusement être final, à moins que la fatalité ne vienne le poser - de mes expériences et questionnements en les passant au sas, ou au feu du creuset, afin de mieux me saisir de mes paradoxes, de mes sentiments, de mes idées et de mes nullités et de voir s’il est possible d’y faire la lumière.

Ce qu’il y a, c’est que je ne suis guère savante et donc que je m’octroierai le droit d’user de certains termes, par défaut de sciences théologique, philosophique ou psychologique, en recourant au dictionnaire (le plus souvent Le Petit Robert, en l’occurence). Du moins, cela pourra être compréhensible par tout un chacun, en autant que je saurais parvenir à quelque clarté. Que cet emploi du je ne trompe ici personne : il ne s’agira pas de chroniques diaristes ou d’un journal extime ; si l’intime de ce qui m’a traversée ou me traverse trouve à s’exposer ici, ces fragments comporteront très certainement peu de narrations concrètement personnelles en mettant d’autres ou moi-même de l’avant.

Un rappel, pour qui ne l’aura pas lu ailleurs : baptisée catholique, ayant vécu une expérience d’une durée de deux ans et demi ans d’engagement actif à ce titre autour de la vingtaine, j’en suis venue avec les ans à ne pouvoir plus dire que “je ne sais pas“. Je ne sais pas si Dieu existe, et pourtant j’accorde une valeur sacrée à la vie. Je ne sais pas, ou plutôt devrais-je dire, je considère surtout les Livres dits Saints (Torah, Bible, Coran, en ce qui concerne les religions monothéistes) comme ayant été transmis par des hommes à d’autres hommes, et pour autant je ne nie pas leur inestimable valeur de révélation d’une haute parole ; je les regarderais plutôt tels des témoignages de l’histoire humaine. Enfin, d’autres notes ici me permettront de développer ces sujets, mais je terminerai simplement en disant que mon “je ne sais pas” est en partie lié au fait des guerres religieuses effectuées au nom de Dieu, ou au fait d’actions d’institutions religieuses ou de leurs membres individuels commises en son nom, alors même que l’interprétation de ces écrits n’a eu de cesse de changer à travers les siècles et que lesdits gestes entrent fréquemment en totale contradiction avec les messages tenus pour divins de ces croyants.

Ajout du 26 mai

L’étymologie du mot religion étant celle-ci :

1085 « monastère » ; lat. religio « attention scrupuleuse, vénération », de relegere « recueillir, rassembler » (de legere « ramasser », et fig. « lire »), ou de religare « relier »

cette catégorie Entrer en religion sera animée de cet esprit de la lecture, de la cueillette et des liens à trouver ou à refaire.




   Libellé(s) ophidien(s) : Entrer en religion, Ceinte d'Écritures - par MD ~ @ (lien permanent) - 8:46 pm

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4 Bô ââââhh ! »

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  1. Je tenais juste à vous dire bonsoir, comme ça, pour rien, pour le plaisir. J’ai lu, eu envie de m’attarder, de relire encore.
    Un sourire m’est venu, merci.
    Martin

    Un bô ââââhh ! poussé par Martin Cadeau — 16/06/2007 @ 4:07 pm

  2. Très gentil à vous, merci. Heureusement que vous n’êtes pas passé un peu plutôt, au moment où je trifouillais dans le CSS et où tout est paru déglingué, vous auriez trouvé que cela faisait très désordre!

    Au plaisir.

    Un bô ââââhh ! poussé par Marie Danielle — 16/06/2007 @ 5:12 pm

  3. Pour la récolte :
    Mircea Éliade, Le sacré et le prophane.
    Traité d’athéologie de Michel Onfray fait un méchant bon ménage dans les monothéismes. Ouf! (Incidemment, sans faire exprès, il a à mes yeux, avec Normand Baillargeon dans l’introduction de L’ordre moins le pouvoir, révélé le pouvoir politique des dictionnaires. Il faut lire la définition du mot immanence dans le Robert. Wake up que j’me suis dit ! )
    Credo d’un non savant : Nous sommes fait de sorte que le mieux que l’on puisse faire c’est de contempler le chaos. Mouvement dans le sublime chaos.
    Omar Khayam à ceux qui cherchent un sens : Une image a surgit de la mer puis est retournée à son profond abîme.
    Autres choses :
    -Sacré : séparé.
    -Dans culture il y a culte.
    -Religion n’implique automatiquement transendance, dieux et esprits que pour ceux qui y croient. Si nous pouvons vivre sans spiritualité (c’est quoi au juste la spiritualité?) et sans but (les philosophes sceptiques : ne connaissant ni l’origine ni la fin du monde, comment juger des choses?) nous n’échapons pas au religieux (relier).
    -Pas de politique possible sans religion. Qui sont donc les officiers du culte, ceux qui construisent des lectures communes de la réalité?

    Un bô ââââhh ! poussé par Eco du Glas — 02/07/2007 @ 3:15 pm

  4. “Mouvement dans le sublime chaos.”

    En tout cas, certains mouvements forment de sublimes tableaux…

    Intéressantes directions à suivre, que vos références livresques, et vos cailloux ensuite déposés indiquent quelques repères autour desquels tourner un moment, afin de s’en emparer pour les déposer dans ses poches de mémoire, pour ainsi dire en tentant de faire image. Et votre dernière question exige de fait d’être bien muni, en décodeurs !

    Il y a un hic pour moi, à emprunter le terme de sacré, étant donné toutes ses connotations, mais je ne saurais pourtant en emprunter un autre qui appelle au “respect” car je ne lui trouve précisément rien de séparé d’avec ce qui nous constitue. J’aimerais trouver un nouveau langage pour parvenir à formuler ce qui me glisse entre les doigts à cet égard.

    Grand plaisir de vous lire, Éco du glas, merci !

    Un bô ââââhh ! poussé par Marie Danielle — 02/07/2007 @ 3:43 pm

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   SultaneRouge   Qui, du Serpent ou de vous, charme l˚autre ?

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